residentiel bar-th Active
BAR-TH-172

Pompe à chaleur de type eau/eau ou eau glycolée/eau

FAQ BAR-TH-172 : autorisations de forage, étude de faisabilité, différences entre types de captage, cumul des aides et entretien de la géothermie.

Questions générales sur la BAR-TH-172

Voir également la FAQ consacrée aux opérations pompe à chaleur.

La BAR-TH-172 est une fiche d'opération standardisée du dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE). Elle finance l'installation de **pompes à chaleur géothermiques eau/eau** dans les **maisons individuelles** (résidentiel individuel uniquement). Elle s'adresse aux propriétaires occupants et bailleurs de maisons individuelles, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire. La prime varie de **2 000 à 12 000 €** selon la puissance de la PAC (8-35 kW) et la zone climatique (H1, H2 ou H3). Elle est versée par un obligé CEE (fournisseur d'énergie comme EDF, Engie, TotalEnergies ou un délégataire) après validation du dossier complet.
Ces trois fiches couvrent des situations distinctes : - **BAR-TH-172** : PAC géothermique **eau/eau**, résidentiel **individuel** (maisons). Source froide = sol ou nappe phréatique. - **BAR-TH-171** : PAC géothermique **eau/eau**, résidentiel **collectif** (immeubles, copropriétés). Mêmes critères techniques mais bâtiment collectif. - **BAR-TH-159** : PAC **air/eau** (ou air/air), résidentiel individuel. Source froide = air extérieur. COP normalisé à des températures différentes. La distinction essentielle : si votre source de chaleur est le sol ou la nappe, c'est BAR-TH-172 (maison) ou BAR-TH-171 (collectif). Si c'est l'air extérieur, c'est BAR-TH-159.
Oui, les deux aides sont **cumulables sans exclusion**. MaPrimeRénov' (MPR) peut apporter 5 000 à 10 000 € supplémentaires selon les revenus du foyer (catégories bleu, jaune, violet, rose). Pour les ménages aux revenus modestes (catégories bleu et jaune), le cumul CEE + MPR peut représenter 12 000 à 22 000 € d'aide directe. S'y ajoutent la TVA à 5,5 % et l'Éco-PTZ jusqu'à 30 000 €. Le cumul CEE + MPR + TVA réduite + Éco-PTZ est le plan de financement optimal à mobiliser pour une installation géothermique.
Le délai de versement varie selon l'obligé CEE choisi : en général **3 à 6 mois** après la transmission du dossier complet. Le dossier est d'abord vérifié par l'obligé ou son délégataire, puis un contrôle terrain peut être diligenté sur un échantillon de dossiers. Pour accélérer le traitement, transmettez un dossier complet dès la réception des travaux (facture acquittée, PV de mise en service, attestation RGE à jour, fiche technique COP). Un dossier incomplet peut allonger les délais de plusieurs mois.

Éligibilité, technique et dimensionnement

La géothermie horizontale requiert **150 à 250 m² de terrain plat ou légèrement incliné**, non boisé et non construit au-dessus des tubes. La surface précise dépend de la puissance de la PAC : comptez environ 1,5 à 2 m² de captage par m² chauffé. Le sol doit être meuble (argile, limon, sable humide) — une dalle de béton, du remblai caillouteux ou de la roche affleurante sont incompatibles. Un sol humide conduit mieux la chaleur qu'un sol sec : les terrains en zone humide ou avec nappe superficielle sont excellents. L'étude de faisabilité (500 à 1 500 €) précisera la surface exacte et la profondeur adaptée à votre terrain.
Pour tout forage dépassant **10 m de profondeur**, une déclaration au titre du Code minier est obligatoire. Elle se fait auprès de la **DREAL** (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) de votre région. Dans la pratique, l'entreprise de forage certifiée gère cette démarche — vérifiez qu'elle est bien incluse dans son devis. Le délai d'instruction est généralement de 2 à 4 semaines. Des règles de distance s'appliquent également : les forages doivent respecter un éloignement minimal des fondations (variable selon la géologie) et des forages voisins (généralement 10 m minimum entre deux sondes du même réseau).
Le captage sur nappe (doublet géothermique) est le plus contraignant administrativement. Il nécessite : 1. **Une étude hydrogéologique** préalable (bureau d'étude spécialisé) pour confirmer la productivité et la qualité de la nappe 2. **Un dossier de demande d'autorisation** au titre de la loi sur l'eau (IOTA — Installations, Ouvrages, Travaux et Activités) déposé en préfecture 3. Selon le débit prélevé, une simple déclaration ou une autorisation soumise à enquête publique 4. Une **validation préfectorale** avant tout début des travaux (délai : 3 à 12 mois) Cette complexité explique le coût plus élevé de cette solution (100 000 à 180 000 €), mais le COP exceptionnel (5,0 à 5,5) et la durée de vie du système (30 à 50 ans pour les échangeurs) justifient l'investissement pour les projets de grande puissance.
Sur l'**efficacité énergétique saisonnière (Etas)** au sens du règlement (UE) n° 813/2013, et non sur un COP. Les seuils sont de **126 %** en application basse température et de **111 %** en moyenne ou haute température, pour la pompe à chaleur seule, hors régulation. Deux caractérisations déterminent la valeur à relever. L'**application** dépend des émetteurs : basse température pour un plancher chauffant ou des ventilo-convecteurs à eau, moyenne ou haute température pour tous les autres, et systématiquement lorsque la PAC produit aussi l'eau chaude sanitaire. Le **type de captage** distingue ensuite l'application eau/eau — captage sur eau souterraine — de l'application eau glycolée/eau, qui couvre les sondes verticales, les capteurs horizontaux et les corbeilles. La performance constatée en exploitation, elle, ne joue aucun rôle dans l'instruction du dossier : elle dépend des températures d'usage, de la régulation et de la qualité de la boucle, non de la conformité réglementaire.
L'étude de faisabilité n'est **pas formellement exigée** dans le cahier des charges BAR-TH-172 pour les captages horizontaux. En revanche, elle est **indispensable dans les faits** pour : - Les **captages verticaux** (dimensionnement des forages, conductivité thermique du sous-sol) - Les **captages sur nappe** (indispensable pour constituer le dossier d'autorisation préfectorale) - Tout projet pour lequel la faisabilité géotechnique n'est pas évidente Budget : 500 à 1 500 € pour un horizontal, 1 500 à 3 000 € pour un vertical, 2 000 à 5 000 € pour un projet nappe. Sans étude pour un forage vertical, vous risquez un mauvais dimensionnement qui réduira le COP réel en dessous des prévisions.

Montants, calcul et dossier CEE

Les montants sont **forfaitaires** selon deux paramètres : la **puissance nominale** de la PAC (en kW) et la **zone climatique** du logement (H1, H2 ou H3). Il n'y a pas de calcul au cas par cas ni de pourcentage du coût des travaux. Montants actuels : | Puissance | Zone H1 | Zone H2 | Zone H3 | |---|---|---|---| | 8-15 kW | 4 000 € | 3 000 € | 2 000 € | | 15-25 kW | 7 000 € | 5 500 € | 3 800 € | | 25-35 kW | 12 000 € | 9 500 € | 6 500 € | La zone climatique est déterminée par la localisation géographique du logement (code commune). La zone H1 correspond aux régions les plus froides (Nord, Est, Île-de-France), H2 au Centre-Ouest et Sud-Ouest, H3 au littoral méditerranéen et à la Corse.
**Non.** Contrairement à certaines autres fiches CEE (notamment BAR-TH-104 pour les chaudières à condensation ou BAR-TH-171 pour les PAC géothermiques collectives), la fiche BAR-TH-172 ne prévoit **aucun coefficient multiplicateur** pour remplacement d'une chaudière individuelle à combustible fossile (gaz, fioul, propane). Le montant est le montant forfaitaire de base, sans bonus x2 ni x3. Pour bénéficier d'un éventuel bonus sortie de chaudière, vérifiez si votre projet est éligible à des dispositifs complémentaires (certains obligés CEE proposent des primes maison propres en complément du forfait réglementaire).
C'est la cause de rejet la plus fréquente et la plus irréversible : si les travaux de pose (ou même les travaux de forage préparatoires) démarrent avant la date de l'engagement CEE, **votre dossier sera refusé définitivement**. Il n'existe aucune dérogation ni régularisation possible. L'engagement CEE doit être un document daté, émis par l'obligé ou son délégataire, antérieur à la date de signature du devis. Concrètement : commencez toujours par contacter un obligé CEE ou un courtier CEE, obtenez l'engagement écrit daté, puis signez le devis. L'étude de faisabilité et les démarches administratives (autorisation DREAL, préfecture) peuvent se faire en parallèle de l'engagement CEE.
Les obligés CEE sont les fournisseurs d'énergie légalement tenus de financer des économies d'énergie (EDF, Engie, TotalEnergies, Eni, Butagaz...). Vous pouvez également passer par un **délégataire** (courtier CEE ou plateforme spécialisée) qui négocie en votre nom avec les obligés et simplifie les démarches. Pour une PAC géothermique (dossier complexe, montants élevés), les délégataires spécialisés apportent une vraie valeur ajoutée : ils connaissent les exigences documentaires, gèrent les relations avec l'obligé et défendent votre dossier en cas de litige. Comparez les offres en demandant le montant net versé au bénéficiaire (les offres exprimées en kWhc — kilowattheures cumulés — sont difficiles à comparer sans conversion).
Pour les **particuliers** utilisant le logement comme résidence principale ou secondaire, les primes CEE ne constituent **pas un revenu imposable**. Elles sont traitées comme des subventions d'aide à la rénovation énergétique, au même titre que MaPrimeRénov'. En revanche, si vous êtes **propriétaire bailleur** et que vous louez le logement, les primes CEE perçues peuvent être considérées comme des recettes à déclarer dans la catégorie des revenus fonciers ou des BIC selon votre régime fiscal. Consultez votre conseiller fiscal pour votre situation spécifique.

Installation, entretien et durée de vie

La durée de vie dépend du composant : - **Compresseur de la PAC** : 20 à 25 ans avec un entretien annuel régulier. C'est la pièce la plus sollicitée et la plus coûteuse à remplacer (5 000 à 10 000 €). En géothermie, le compresseur travaille à des températures plus stables et moins extrêmes qu'en aérothermie, ce qui favorise sa longévité. - **Échangeurs au sol (horizontal)** : 30 à 50 ans. Les tubes en polyéthylène haute densité enterrés sont très durables, non sujets à la corrosion. - **Sondes géothermiques (vertical)** : 50 ans et plus. Ce sont des systèmes passifs (aucune pièce mobile) pratiquement indestructibles si le forage est bien réalisé. - **Échangeurs nappe (puits)** : 25 à 40 ans selon la qualité de l'eau (risques d'entartrage ou de corrosion). Globalement, une installation géothermique bien entretenue peut fonctionner 25 à 30 ans sans remplacement majeur — une durée nettement supérieure à une chaudière (15-20 ans) ou une PAC air/eau (15-20 ans).
C'est l'un des grands avantages de la géothermie : **il n'y a pas d'unité extérieure**. Toute l'installation est à l'intérieur du logement (garage, chaufferie, buanderie). La PAC géothermique produit un bruit de fonctionnement similaire à un réfrigérateur — faible vibration du compresseur, inaudible depuis les pièces de vie avec une bonne isolation phonique du local technique. C'est une différence majeure avec les PAC air/eau qui nécessitent une unité extérieure (ventilateur + compresseur) pouvant générer 50 à 60 dB, soumise aux réglementations de bruit de voisinage et parfois aux règles de copropriété ou de PLU. La géothermie élimine complètement cette contrainte.
L'entretien annuel d'une PAC géothermique est plus simple que pour une chaudière à combustion : **Obligatoire réglementairement (arrêté du 2 octobre 2009) :** Entretien annuel par un professionnel qualifié pour toute PAC de plus de 4 kW. L'intervenant vérifie le circuit frigorifique, les pressions, les températures de fonctionnement, l'état du compresseur et les connexions électriques. Il remet une fiche d'entretien et étiquette la PAC. **Recommandé :** Vérification du pH du fluide caloporteur du circuit sol (tous les 2-3 ans), nettoyage du filtre du circuit hydraulique, vérification du niveau d'antigel dans la saumure (circuit horizontal et vertical). Pour les installations sur nappe, un nettoyage des puits tous les 5 à 10 ans peut être nécessaire selon la qualité de l'eau. **Budget entretien annuel :** 150 à 300 € selon la puissance et la complexité de l'installation.
C'est une contrainte importante du captage horizontal à anticiper dès la conception : la zone de captage ne peut **pas être imperméabilisée ni construite** (dalles, terrasse couverte, piscine enterrée, construction annexe). Elle doit rester perméable aux échanges thermiques et aux précipitations. En revanche, une pelouse tondue, un potager (sans arbres) ou un jardin ordinaire sont parfaitement compatibles. Les interdictions à respecter : - Pas de dalle béton ou revêtement imperméable sur la zone de captage - Pas d'arbres ni de haies épaisses (les racines risquent d'endommager les tubes sur le long terme) - Pas de piscine enterrée - Pas de construction légère (abri de jardin sur plots, véranda) Il est recommandé de reporter la zone de captage sur un plan et de le conserver précieusement pour les travaux futurs.
Oui, la plupart des PAC géothermiques peuvent produire l'eau chaude sanitaire via un **ballon d'ECS intégré ou externe**. Cependant, il faut anticiper une légère perte d'efficacité : produire de l'ECS à 55-60°C demande plus d'énergie que chauffer un plancher à 35°C. Certaines PAC géothermiques sont équipées d'un **échangeur spécifique ECS** (récupérateur de désurchauffe) qui produit l'ECS gratuitement en été en rejetant la chaleur de condensation — le COP devient théoriquement infini pour cette production. Pour les installations avec production ECS importante (famille nombreuse, piscine intérieure), la conception du système doit intégrer cet usage dès le dimensionnement. Le coût supplémentaire du ballon ECS est généralement de 500 à 2 000 € selon la capacité.

Comparatif géothermie vs aérothermie

Les deux systèmes sont performants, mais la géothermie présente des avantages structurels : **Avantages géothermie :** - COP stable en toutes saisons (4,5-5,5 vs 3,0-4,0 pour l'air/eau en hiver) - Pas de dégivrage (la source froide ne gèle pas) - Aucune unité extérieure (silence, pas de contrainte esthétique) - Durée de vie supérieure (25-30 ans vs 15-20 ans) - Performances maximales exactement quand les besoins sont les plus élevés (hiver) **Avantages PAC air/eau :** - Installation plus simple et moins coûteuse (10 000 à 20 000 € vs 18 000 à 180 000 €) - Aucune contrainte de terrain - Démarches administratives quasi nulles - Éligible BAR-TH-159 avec bonus sortie chaudière **Conclusion :** Si votre terrain est compatible et votre budget permet l'investissement initial, la géothermie est la solution la plus rentable sur 20-30 ans. Si votre terrain est petit, ou si vous cherchez le meilleur rapport coût/aide immédiate, la PAC air/eau reste pertinente.
Partiellement, selon le type de captage : - **Captage horizontal** (18 000 à 35 000 €) : le surcoût par rapport à une PAC air/eau (12 000 à 20 000 €) est de 6 000 à 15 000 €. La prime CEE (4 000 à 12 000 € selon puissance) compense une part significative de ce surcoût. Le reste est amorti par les économies de fonctionnement sur 5 à 8 ans (retour sur investissement net). - **Captage vertical** (45 000 à 95 000 €) : le surcoût est plus important. La prime CEE + MPR représentent généralement 15 à 25 % du coût total. Le retour sur investissement est de 10 à 15 ans, mais la durée de vie supérieure (25-30 ans) rend le bilan favorable sur la durée. - **Captage nappe** (100 000 à 180 000 €) : les aides couvrent moins de 20 % du coût. Ce type de projet se justifie pour des besoins importants (grande maison, piscine, ECS volumineuse) ou dans une logique patrimoniale long terme. Pour les captages horizontaux et pour les ménages aux revenus modestes (MPR maximale), le bilan financier est souvent meilleur que la PAC air/eau dès la 8e-10e année.

Votre projet géothermique commence ici

La PAC géothermique est l’un des systèmes de chauffage les plus performants et les plus durables disponibles aujourd’hui. Mais c’est aussi l’un des projets qui nécessite le plus d’anticipation : étude de faisabilité, autorisations administratives, coordination de deux corps de métier, dossier CEE à constituer rigoureusement.

Nos conseillers spécialisés vous accompagnent de l’étude de faisabilité jusqu’au versement de votre prime — sans avance de frais.

Texte de référence : la fiche officielle BAR-TH-172 publiée par l'ADEME. En cas d'écart, c'est ce document qui fait foi.